La Caraïbe et l’autre rive de l’Atlantique connaissent le chanteur Beethova Obas. Pourtant, derrière ce prénom prémonitoire et néologique donné par son père Charles Obas, artiste peintre épris de la virtuosité de Beethoven, on oublie souvent que le talent s’inscrit aussi dans les gènes.
Doué en dessin depuis la plus tendre enfance, tout comme ses quatre frères, Beethova fait de l’art pictural une passion secondaire. Du cahier de dessin subtilisé par un camarade de classe aux pastels accumulés çà et là dans la maison, il lui faut la complicité de son frère aîné Klébert, venu passer des vacances en Belgique, pour renouer véritablement avec la peinture.
Au fil de leurs interminables discussions sur le monde et son sens, des chevalets s’érigent dans le jardin et les deux frères créent des œuvres à quatre mains dans un dialogue artistique fécond.
Puis Klébert repart, le temps s’étire et Beethova laisse la peinture en suspens. C’est son épouse qui, plus tard, l’invitera à se remettre à l’œuvre après avoir feuilleté un carnet de pastels aux couleurs intenses, tantôt abstraites, tantôt descriptives.
Ses réalisations lui ressemblent, engagées pour certaines, douces et interrogatives pour d’autres, tournées vers l’avenir, toujours surprenantes par leur éloquence.
Le premier vernissage de Beethova a fait l’unanimité. L’artiste-chanteur a prolongé son talent jusqu’au bout des doigts. Déjà, ses œuvres sont recherchées et son inspiration ne cesse de grandir.
Ainsi, chez Beethova Obas, la peinture ne vient pas concurrencer la musique : elle en est le prolongement naturel. D’une voix à la toile, d’un geste à l’autre, l’artiste explore, interroge et révèle le monde avec la même intensité. Il ne se contente pas de chanter l’émotion, il la donne désormais à admirer.